"Elles sont toujours là, accrochées à nos murs comme des promesses oubliées. En 2025, les boîtes aux lettres ne contiennent plus que l’écho d’un monde qui a cessé d’écrire. Pourtant, leur silence nous interroge : que perdons-nous, quand même les objets du quotidien deviennent des fantômes ?" 
En 2026, les boîtes à lettres ne reçoivent plus rien. Plus de factures froissées, plus de cartes postales jaunies, plus de mots d’amour glissés à la hâte entre deux enveloppes. Elles restent là, accrochées aux murs, aux grilles, comme des vestiges d’un rituel disparu. Leur métal rouillé, leur peinture écaillée, leur porte entrouverte : autant de traces d’un temps où l’on attendait quelque chose.
Elles ne sont pas mortes, simplement en attente. Bientôt, elles deviendront des boîtes à colis — des réceptacles pour des paquets standardisés, des livraisons express, des objets sans âme. 
Mais pour l’instant, elles gardent encore le silence, un silence qui parle de ce qui a été perdu : le geste de poster une lettre, le suspense de l’attente, le frisson d’une enveloppe qui arrive.
Cette série capture cette transition discrète, presque invisible. Elle documente l’absence, la mutation lente d’un objet du quotidien en un fantôme fonctionnel. Les boîtes à lettres ne disparaîtront pas, elles changeront simplement de rôle. Comme nous.
Et si un jour, quelqu’un glissait encore une lettre dans l’une d’elles ?
Série présentée à l'exposition photo du club de Concorde photo en février 2026
40 photos dans différents formats et un cadre avec une projection numérique sur une période de 5 ans.
image inspiratrice

première photo inspiratrice en 2021